Parlez-moi de l'offre légale...
Le 14 January 2010 à 18:16.

"L'offre légale ne se développera que si cesse le piratage"... Qui n'a pas entendu cette petite phrase contre laquelle il est si difficile de lutter. Personnellement j'ai toujours pensé que l'offre légale ne se développera que lorsqu'elle fournira un service de qualité, et il semblerait que ce n'est pas encore gagné.

Une offre légale de qualité ?

La qualité c'est un bien grand mot au fond, disons que depuis un certain nombre d'années, nous avons un standard qui est le CD audio. Ses "qualités" sont connues : une fréquence d'échantillonnage de 44,1 kHz, une résolution de 16bits, stéréo et sans compression. Ses qualités sont aussi le fait que mon premier CD acheté il y a de ce 22 ans fonctionne encore parfaitement, et que mon fils pourra encore l'écouter, tant qu'il y aura encore des lecteurs, car je peux le lui donner. Ce qui sera possible dés que l'ami à qui je l'ai prêté me le rendra.

Une offre légale de qualité, c'est donc au minimum la même chose que ce que nous avons déjà. Et pas, comme on tente vainement de nous le faire croire, celui de pouvoir télécharger dans la seconde un album au lieu d'attendre qu'il arrive par la poste ? La possession d'un album peut se temporiser quelques jours, c'est pas comme une envie de pisser !

Dans cette idée, l'offre légale actuelle est donc à mon sens de très mauvaise qualité car elle fournit des morceaux compressés à la sauvage, et donc de qualité inférieur à celle d'un CD vieux de 20 ans. En plus, on nous y colle des DRM, des saletés qui m'interdisent un tas de trucs, comme le fait de lire un album sous Linux (ce qui marche très bien avec mon vieux CD) ou de le prêter à un pote pour qu'il me le rende de sorte à le léguer à mon fils.

A cela certain vont (car m'ont déjà Wink m'argumenter que l'avenir, c'est de la musique en ligne avec tout accessible directement comme une gigantesque webradio et qu'avoir chacun sa propre musique est archaïque. A cela je réponds qu'on l'on ne mange déjà plus que le 1/4 de la variété alimentaire de nos grands parents, alors on aura l'air malin le jour où le Brel d'origine ne sera plus disponible car déjà (re)produit en 40 générations de gargouilleurs de la Star académie...

Une lueur d'espoir

En bref, pour l'heure, le CD reste THE offre légale de qualité. C'était du moins ma position jusqu'à ce que je tombe sur Starzik. Un vaste choix d'albums, la possibilité d'acheter à la piste (ce qui est un plus par rapport à l'offre légale "CD"), énormément de morceaux sans DRM, une équipe qui semble sympa et dynamique, et cerise sur le gâteau, la possibilité de télécharger en FLAC. A vue de nez, comme ça, c'est un carton plein.

Seulement, triste est notre monde et comme toujours il y a un hic. En effet, la première piste d'essai que j'achète en FLAC ne sonne pas très loseless... Du coup j'achète une seconde piste, mais cette fois d'un album que je possède déjà au format CD, et que je viens justement d'encoder en FLAC. Et là, il n'y a pas photo, avec un bon casque y'a un truc qui coince.

Plouf dans le FLAC !

Après quelque recherches je me rend compte que je n'étais pas le seul à avoir remarqué comme un souci. Alors pour en avoir le coeur net, je tente l'expérience. Je télécharge sur Starzik une version MP3 supplémentaire du même morceau, et je donne les 3 pistes (mon FLAC, celui de Starzik et leur MP3) en pâture à audacity pour obtenir un spectre de chacun d'entre eux. En voici le résultat.

En arrière plan, vous avez mon FLAC. En second plan, le FLAC de Starzic. Déjà là, on voit le problème, une perte sèche de tout ce qui se trouve au dessus de 18khz. Mais le plus "drôle", c'est la courbe en premier plan, qui se trouve être... le MP3 qui semble juste un peu dégradé par rapport à la courbe du FLAC de Starzic...

Alors bien évidement il ne s'agit pas de prendre le spectre comme argument qualité mais plus de s'en servir comme "signature" permettant de deviner quelle est la source de l'encodage FLAC. Ici on voit donc que ce n'est clairement pas le CD d'origine ou une source de meilleur qualité. La petite perte entre FLAC et MP3 semble quant à elle indiquer que cette origine n'est non plus pas le MP3, ce qui est heureux.

Si l'on se base sur cette réponse du forum de Starzik, le réalité est entre les deux. La source est variable d'un album à l'autre en fonction de ce qui est fournit par la maison de disque. Pour l'album qui m'a servi de test, l'encodage n'est pas indiqué et seul le bitrate l'est (192kbps). On peut donc seulement dire que la source est une compression avec perte pour un bitrate de 192kbps. Du coup pourquoi proposer du FLAC ? Starzik est en cheville avec les fournisseur de disque durs ? Car proposer le téléchargement de ce format est un non-sens puisque la qualité est la même qu'un MP3 de base, mais prenant 10 fois l'espace disque de ce dernier...

Après la technique, le légal

Cette offre légale n'apporte donc pas la même qualité qu'un classique CD (du moins pour le test que j'ai effectué) et perd du coup beaucoup de son attrait. Ceci étant dit, les prix concrètement inférieurs à l'offre légale "CD" peuvent continuer à me tenter sur le principe "moins bon mais moins cher" convenant assez bien à certains albums. Mais cet approche s'évapore assez vite lorsque l'on décortique les conditions générales de vente, et plus particulièrement l'article 10 :

En ce qui concerne les fichiers musicaux, la société Starzik rappelle qu'elle est seule titulaire du droit de diffusion de ces fichiers et que ceux ci sont protégés par les réglementations nationales et internationales en matière de droit d'auteur.

Et pour mieux éclaire cela

Le Client ne bénéficie quant à lui que d'un droit d'utilisation personnel de ces fichiers et limité aux informations fournies au moment de la sélection des fichiers musicaux et sketches, dans un cadre strictement privé et gratuit. (...)

Pour faire simple, avec l'offre légale "CD" aussi, l'usage est strictement privé et gratuit, et l'on ne dispose aussi, que d'un droit d'utilisation personnel. La grosse différence tient à ce que ce droit est lié à la possession du support dans le cas du CD, et il est lié à l'acte d'achat entre le fournisseur et son client dans le cas de starzik. Ainsi, si je peux donner mon CD, le prêter, le léguer ou encore le revendre, je ne peux rien faire de tel avec un morceau acheté ici...

Et dans la série des bonnes questions, que se passe t-il si Starzik disparaît du jour au lendemain ?

Conclusion

En conclusion, dans cette offre légale qui est à mon sens la plus performante sur le marché, j'achète pour un peu moins cher un album de qualité moindre qu'un CD et je n'ai pour cet album qu'un droit personnel d'utilisation. Avec l'offre légale "CD", je possède le support et j'ai un droit d'utilisation sur son contenu qui est de qualité optimum. A ce stade, malgré la petite différence de prix, le choix est assez vite fait...

Il y a fort à parier que Starzik n'est pour rien dans cet état de fait (ils pourraient juste éviter de faire du FLAC sans intérêt et trompeur) qui doit, je l'imagine bien, être imposé par les maisons de disque. Mais me concernant, l'offre légale "CD" reste de loin celle qui présente les meilleurs critères de qualité. Je vais donc continuer à puiser dans le marché d'occasion pour y récupérer mes "antiques" galettes numériques Wink

Commentaires

LKS360, le 14 janvier, 2010 - 21:15

Et merde, moi qui me disais que ca commençait à venir et être intéressant même avec des morceau sans DRM et en FLAC. Faut le dire: C'est juste du foutage de gueu***... (Et qu'ils ne disent pas qu'ils ne savent pas, c'est leur boulot...)
Ben pour moi, ca serra neuf à pas cher (mais pas acheté à la sortie) ou occasion comme toi. Le CD est loin d'être mort pour ceux qui aiment la qualité et aucun standard numérique ne va apparaitre a ce rythme (A part le MP3, mais ca commence à être un vraiment vieux format).

Ulhume, le 15 janvier, 2010 - 00:03

Des standards numériques il y en a. Maintenant pour un usage domestique, le CD reste le top (le vinyle diront certains, que je rejoins un peu d'ailleurs). Maintenant il faut avoir l'oreille pour chopper la différence et je ne suis pas certain de l'avoir. Alors du coup, je me dis que la dégradation de ces morceaux doit aller plus loin qu'une question de bande passante pour que j'ai pu à ce point le remarquer.

Bref, ce n'est au fond pas une question d'oreille. Payer 10€ pour du mp3 que je ne peux pas re-encoder en autre chose et qui sonnera de travers si j'investie dans des baffles et un ampli de qualité, ça m'agace Smiling

max-k, le 14 janvier, 2010 - 22:09

Je pencherai bien pour la troisième option.
J'y vois une raison simple, le format flac, comme les autres formats lossless génère des fichiers trop volumineux pour être mis en téléchargement à l'heure actuelle.
Vous imaginez un album en flac de 450Mo en streaming ?
C'est sur, ça n'excuse en rien la supercherie mais je pense qu'ils l'ont plus fait par soucis de compatibilité que par soucis de qualité.
Dans mon cas, ça sera 35€/an, carte de bibliothèque municipale, emprunt et encodage en flac de tous les albums que je veux, même récents.
Je sais, ce n'est pas bien mais quand les albums arrêteront de coûter 20€, j'arrêterais de garder mes sous pour les concerts.

Ulhume, le 14 janvier, 2010 - 23:35

Je comprends pas trop l'argument du streaming. A ce moment là, autant ne pas le proposer non ? Car dans l'état actuel, personne n'est gagnant. Les fichiers pèsent sur leur infrastructure, et prennent chez leur client une place totalement inutile. Ensuite pour ce qui est de la compatibilité, ceux qui prennent FLAC le font uniquement pour un usage domestique, pas pour le coller dans un baladeur Wink

max-k, le 14 janvier, 2010 - 22:12

Pour la petite note positive, même si le support du flac n'est pas à l'ordre du jour sur les plateformes android, on commence à trouver des lecteur multimédia portables, à prix abordable, qui lisent le flac.

Ulhume, le 14 janvier, 2010 - 23:36

Personnellement je garde le MP3 pour ce genre d'usage. J'ai un démon qui scanne mes FLAC et les mirror en MP3, c'est un peu plus light que de coller du FLAC dans mon téléphone.

melinux, le 14 janvier, 2010 - 22:57

J'ai fait le test avec du ogg depuis mon CD et mp3 (source ?) mais je n'ai pas acheté le morceau chez eux. Juste pour info le ogg est bien mieux que le MP3 à taille de fichier équivalente.
Mon spectre ici :
http://www.g3l.org/le_site/images/logiciels/audacity-hard-thunderstruck-...

Ulhume, le 14 janvier, 2010 - 23:53

Oui l'ogg est clairement mieux. Ceci dit leur MP3 est pas mal, pour du MP3. Lame par exemple, même en q0, fait un cut-off à presque 17hz, tandis que là on est presque à 19khz. Là j'essaye d'ailleurs de continuer le test avec l'ogg, mais je fiche mon billet que je vais avoir encore un cut-off à 18khz..

EDIT: Bongo, c'est strictement le même spectre que le FLAC. Ce qui tendrait à prouver que leur source d'origine est très proche de l'OGG. Mais dans tout les cas, c'est toujours loin d'un CD.

LKS360, le 15 janvier, 2010 - 00:06

Pour ce qui est du poids à télécharger, je suis carrément pas d'accord, les gens téléchargent déja des fichiers de 700Mo... (Voir plus).
Et certains ont la chance d'avoir une médiathèque à coté de chez eux.

Ulhume, le 15 janvier, 2010 - 00:14

700Mo ??? Mmmmm je ne vois pas ce qui peux poser aussi lourd Smiling

Tuxicoman, le 15 janvier, 2010 - 00:52

Bon déja le spectre, à part mettre en évidence les filtres il sert pas à grand chose.

L'oreille entend jusqu'à 20 kHz mais faut avouer qu'au dessus de 8 kHz on est déja dans les très hauts aigus.

Autre hypothèse, le fichier de Starzik est fait depuis une autre version du CD (remasterisé?). C'est assez bizarre d'avoir +10dB à 20kHz aux limites de l'audible. Mes enceintes restent plates au moins jusqu'à 40kHz donc je ne pense pas que ce soit fait pour compensé le matos.

Sinon, la perte de qualité dans les formats comme le Ogg ou MP3 s'entend surtout dans les transitoires, c'est à dire les changements rapides de fréquences, autrement dit les "attaques de notes". Plus on compresse avec leurs algo, plus les transitoires sont lissées, si bien qu'un attaque brève de caisse claire où l'on entendait le fut en bois dans la version non compressée se resume à un "BAM" sans âme. D'ailleurs tous les attaques de caisse claire semblent se ressembler d'un morceau à l'autre avec ce lissage...

Pour avoir une meilleure définition des transitoires, en particulier dans les aigus, il faut augmenter la fréquence d'échantillonnage d'où les enregistrement en 48kHz, 96 kHz etc... La différence est flagrante niveau précision.

Ulhume, le 15 janvier, 2010 - 01:07

Ah mais on est absolument d'accord, je n'utilise pas le spectre pour juger de la qualité, mais pour mettre en évidence qu'il ne s'agit pas d'un FLAC issue d'une source de type CD. En gros voit cela comme une empreinte de l'encodage sous-jacent, pas un gage de bonne ou mauvaise qualité.

Pour ce qui est des transitoires, là aussi totalement d'accord, et c'est une des deux raisons pour lesquels j'ai re-encodé l'ensemble de mes CD en FLAC. La seconde raison est que j'ai plus confiance en mes disques durs et mes backups qu'en l'ultra-fragilité des CD.

Ulhume, le 15 janvier, 2010 - 00:54

Bon, j'ai un début d'explication ici : http://forum.starzik.com/viewtopic.php?t=4147

Ceci dit, pour tout ce que je vois, j'ai droit à un laconique encodage à 192kbps... Si la source d'origine est du WMA, ça craint un peu de le re-encoder en ogg... Quant à fournir du flac dans ce cas de figure je vois pas bien le but.

Tuxicoman, le 15 janvier, 2010 - 01:56

Apparemment il exista aussi un WMA9 lossless.

Ulhume, le 15 janvier, 2010 - 06:20

Oui mais c'est apparemment pas cela qui est utilisé ici, sinon la bande de fréquence serait au moins identique en largeur à la version CD. Bref, on en sais rien, je vais essayer de contacter leur support pour tirer cela au clair.

davitof, le 15 janvier, 2010 - 11:04

Je n'ai pas fait d'essai comparatif, mais Qobuz se vante de faire du lossless et même mieux. Ca revient aussi cher qu'un CD, mais si la qualité est effectivement au rendez-vous, ça peut carrément se justifier.

Ce qui me gène dans les téléchargements, c'est que trop souvent on ne peut avoir que la musique, pas les pochettes, donc pas les autres artistes ayant collaboré, ni des informations parfois intéressantes comme les circonstances d'enregistrement. Le dernier que j'ai téléchargé en MP3 (Yodelice) avait la pochette en PDF, mais avec uniquement les paroles, aucune information technique. Je doute que la version papier soit aussi laconique.

Ulhume, le 15 janvier, 2010 - 11:24

Très intéressant ce site, même si le loseless est encore très peu présent (j'ai fais une 10aine d'essais sans succès). Maintenant reste toujours l'éternel problème des droits de propriété. Tant que le fichier ne sera pas considéré au même titre qu'un média physique, il ne reste plus que le droit d'utilisation du contenu qui ne peut être cédé, etc.. Et comme là tu payes cela au prix d'un CD...

davitof, le 15 janvier, 2010 - 12:25

Oui, je les aime bien, ils ont un vrai contenu éditorial. Je ne suis pas d'accord avec tout, mais c'est le propre d'un contenu éditorial Smiling

Pour savoir directement ce qu'ils ont en lossless, c'est ici http://www.qobuz.com/qualite/Lossless/telechargement-ecoute-albums

et ce qu'ils ont en "Studio Masters" c'est là http://www.qobuz.com/qualite/Studio-Masters/telechargement-ecoute-albums
Les "Studio Masters" seraient en "WMA lossless" ou en ALAC, au choix de l'utilisateur.

Encore une fois, je ne fais pas de pub, je n'ai pas testé, alors c'est à vos risques et périls ! Mais j'ai plusieurs fois téléchargé du MP3 sans souci, en termes de paiement ils ont l'air sérieux.

davitof, le 15 janvier, 2010 - 12:43

"Tant que le fichier ne sera pas considéré au même titre qu'un média physique, il ne reste plus que le droit d'utilisation du contenu qui ne peut être cédé, etc.." je ne vois pas pourquoi il serait un jour considéré équivalent à un média physique. Je ne dis pas qu'il ne devrait pas, mais que je ne vois pas par quel miracle la situation pourrait évoluer dans ce sens.

Et surtout il ne peut être prêté. En effet, un fichier (audio ou autre) ne se prête pas, il se copie. Et qui va effacer un fichier qu'on lui a "prêté" après l'avoir écouté? Les DRMs semblent être voués à la mort, mais l'"équilibre" des recettes va forcément pâtir ici. Quand le prêt de CD pouvait inciter à l'achat (prêter était une forme de pub involontaire), il devient maintenant une non-recette. Les majors vont forcément en souffrir. Donc inéluctablement ça va remettre en question qui va gagner de l'argent et comment. J'aimerais croire que les artistes vont en bénéficier, mais le réalisme me fait craindre le pire... A la réflexion si, ça va peut-être niveler un peu, car beaucoup d'acheteurs potentiels se contenteront d'"emprunter" le fichier sans DRM du voisin, et là ce sont surtout les plus répandus, les mieux servis commercialement qui vont être le plus prêtés/copiés. Si je veux un morceau d'un artiste peu connu, je n'ai aucune chance de l'obtenir de mon voisin, il faudra donc que je l'achète. Le "seul" problème des artistes peu connus sera donc de me donner envie de les acheter, c'est-à-dire de se faire entendre. Mais ça, ce n'est pas nouveau Frown

Ulhume, le 15 janvier, 2010 - 13:02

Non ce n'est pas nouveau mais les maisons de disque ne peuvent s'en prendre qu'à elle-mêmes (et désolé pour les artistes qui ont fait de magnifiques ouioui's suiveurs dans cette histoire). La solution à ce problème existe depuis le début même de Dadvsi, et ce même sans licence globale que je trouve fine-conne (on va faire une licence globale de tout après ? licence global "bouffe", "ciné", "boisson", etc...). La solution c'est... les DRM... Je m'explique.

Les DRM ce n'est qu'un outil sauf que pour tous, le rôle de celui qui tient le marteau et celui qui est sur l'enclume est déterminé alors qui n'en est rien. Les DRM, on a essayé de nous les "vendre" sur le mode, "le R de DRM appartient à la maison de disque". Ainsi, lorsque l'on achète un morceau, le DRM est vérifié sur une liste où ton nom apparait chez le vendeur, inacceptable.

Mais on aurait pu aussi utiliser les DRM pour (re)construire une notion de propriété numérique pour le consommateur. En gros, la différence c'est que ce n'est pas le vendeur qui signe le morceau avec sa clef privée, c'est le morceau qui est signé de manière unique et qui est référencé quelque part comme appartenant au consommateur. Le quelque part est un serveur national, géré par l'état, (à l'époque on m'argumentait que ce n'était techniquement pas possible, il semble qu'avec HADOPI ils aient trouvé des nouvelles idées Arf ) qui deviendrait la vision virtuelle de la propriété. Ainsi un album numérique serait aussi unique qu'un CD acheté à la FNAC et je pourrais en prouver la propriété. Mais plus intéressant encore, je pourrais transférer cette propriété à un tiers.

Les DRM serviraient du coup à valider l'association entre un album unique et son propriétaire légal à un moment T donné. Simple et con, mais sans aucun intérêt pour les maisons de disque qui voyaient en les DRM un moyen simple de refourguer N fois la même cam tout en réduisant à rien la bien trop couteuse prospection de nouveau talents.

Et en effet, ceux qui se font avoir dans cette histoire sont les artistes, et surtout les nouveaux. Mais d'un autre côté, ils ont cruellement manqué de cerveau au moment où il fallait prendre des orientations intelligentes. Et cela ne semble pas être encore bien compris à ce que Bono vient de nous offrir pour noël.

davitof, le 15 janvier, 2010 - 14:00

Intéressant et ça semble tenir la route. Evidemment, on voit d'où leur vient cette idée que "le R appartient à la maison de disques", il y a le précédent des logiciels non libres.

Ulhume, le 15 janvier, 2010 - 14:33

Oui, c'est bien ce modèle qu'ils cherchent à déployer depuis quelques années, sans trop de succès pour l'instant, n'est pas Bill Gate qui veut Wink Quant je vois les fortunes que dépensent les DSI pour les mises à jour de licences d'office qui fait en gros la même chose depuis 10 ans, j'imagine que ça doit donner des idées baveuses aux maisons de disque.

retouchelibre, le 15 janvier, 2010 - 11:08

On vit une époque formidable tout de même : les enregistrements sont maintenant fait avec de super micros, au minimum en 24 bits à 192 Khz pour pouvoir mixer proprement dans Samplitude, Cubase, Digital Performer, Ardour, ... pour au final nous pondre des fichiers numériques de basse qualité ... presque moins riches qu'une cassette audio. génial !

Ulhume, le 15 janvier, 2010 - 11:46

Mais tu n'as rien compris Wink Car c'était bien là tout l'enjeu des DRM à côté duquel sont à mon sens passés tous ces blablateurs du téléchargement libre à l'époque DADVSI : de te vendre plein de fois la même chose. Car entre nous, tu penses bien qu'elles s'en cognent les maisons de disque du téléchargement illégal. C'est pas les trentenaires avec leur plus fort pouvoir d'achat qui vont télécharger, eux ils ont leur carte bleue et trouve moins chiant d'aller à la FNAC que de monter sur une mule... Ce qui fait baisser les ventes, c'est que ceux qui ont des sous, n'ont plus rien de neuf à bequeter et qu'ils ont déjà toute la collec de PinkFloyd dans leur tour à CD... Faut donc leur revendre tout ça plein d'autre fois (ou alors raqueter le contribuable pour sponsoriser une carte permettant aux "jeunes qui n'ont pas du sous" d'acheter plein de MP3...)

Du coup, ce qu'ils ne peuvent obtenir par les DRM, ils l'obtiennent par les formats. Ainsi, pour un même album, le MP3 tout vilain pour ton baladeur, le streaming pour ta maison, la sonnerie pour ton téléphone, etc, etc... On peut vendre cela pas bien cher vu qu'1/ c'est périmable 2/ c'est périmé 3/ Demain faudra autre chose 4/ personne n'a droit de le revendre.

Chacun de ces format a donc une qualité adaptée à son besoin et sera donc innutisable hors de celui-ci.

Avec le CD, pour peu que l'on se contente de 44.1khz/16bits, c'était terrible, on pouvait tout faire avec !!! Analyse qui n'engage que moi, bien évidement Wink)

retouchelibre, le 15 janvier, 2010 - 15:02

Ha bah zut alors ! Moi qui croyais que les majors étaient là pour promouvoir l'art, la culture, la musique avec des produits de qualité, je suis déçu ... je vais me consoler en allant acheter des actions chez les vendeurs de baladeurs ... tiens l'action Apple se porte pas mal, elle a été multipliée par 6 depuis 2005.

LKS360, le 15 janvier, 2010 - 17:19

Mais on aurait pu aussi utiliser les DRM pour (re)construire une notion de propriété numérique pour le consommateur. En gros, la différence c'est que ce n'est pas le vendeur qui signe le morceau avec sa clef privée, c'est le morceau qui est signé de manière unique et qui est référencé quelque part comme appartenant au consommateur. Le quelque part est un serveur national, géré par l'état, (à l'époque on m'argumentait que ce n'était techniquement pas possible, il semble qu'avec HADOPI ils aient trouvé des nouvelles idées Arf ) qui deviendrait la vision virtuelle de la propriété. Ainsi un album numérique serait aussi unique qu'un CD acheté à la FNAC et je pourrais en prouver la propriété. Mais plus intéressant encore, je pourrais transférer cette propriété à un tiers.

Les DRM serviraient du coup à valider l'association entre un album unique et son propriétaire légal à un moment T donné. Simple et con, mais sans aucun intérêt pour les maisons de disque qui voyaient en les DRM un moyen simple de refourguer N fois la même cam tout en réduisant à rien la bien trop couteuse prospection de nouveau talents.

J'avais aussi pensé a quelque chose du même style, mais en mieux Glad. En fait, il aurait juste suffit d'acheter une preuve d'achat physique de la musique numérique. Ou encore, que cette licence soit vendue en même temps que des CD physique. Comme ca, on achète de la musique en ligne et on reçoit CD + Licence par la poste. On à l'avantage d'avoir le fichier numérique pour tout de suite lire le morceau et le morceau en qualité CD (le CD peut-être une option). La licence fonctionnerai sur des serveur du gouvernement aussi.

Et puis quand je mourrai, mes enfants pourront profiter d'un héritage virtuel.

Ulhume, le 15 janvier, 2010 - 17:26

Je vois, tu ré-injectes le physique dans la boucle, pourquoi pas en effet Smiling Mais moi ce que je trouvais amusant c'est de complètement virtualiser la notion même de propriété.

Ceci étant dit, ton approche "coupon" a un avantage. Vu le niveau de maturité de nos gouvernements face à la problématique des données personnelles, c'est peut-être plus sage que ma méthode.

max-k, le 15 janvier, 2010 - 18:26

Le problème en fait, c'est qu'on arrive à une époque ou il faut une mutation profonde de la notion de propriété liée à la virtualisation des support.
En effet, devenant numérique, la musique n'a plus aucune raison d'être considérée comme un bien matériel ou un produit de consommation.
Mon petit frère est artiste et il distribue gratuitement ses oeuvres sur internet.
D'autres groupes l'on fait : Nine Inch Nails, Radiohead ...
C'est vrai, on peut facilement imaginer que ces artistes ont déjà suffisamment réussi pour se le permettre ou encore qu'il ont fait ça pour se faire du buzz, à un moment ou leur notoriété était sur le déclin. Peu importe.
J'ai toujours été intimement convaincu, depuis les balbutiements de la musique numérique qu'il s'agissait là de quelque-chose de complètement différent, qui ne serai jamais comparable à un support physique.
Selon moi, la musique devrait-être librement distribuée sur internet, dans une qualité honorable, et sans la moindre restriction.
De cette manière, tous les artistes pourraient être égaux face au publique et ils n'auraient plus besoin de travailler à la solde de majors pour pouvoir avoir une chance d'être distribués.
Autre avantage, les artistes seraient directement rétribués pour leur travail, sans intermédiaire et pourraient largement subsister grâce aux recettes générées par leurs concerts.
Les CD coûteraient beaucoup moins chère car ils n'auraient plus besoin de financer les campagnes de matraquage télévisuelles.
Nous serions tous plus enclins à acheter des CD qui coûteraient 5€ et sur lesquels l'artiste toucherai 4€ que d'en acheter à 20€ dont à peine quelques centimes reviennent à l'artiste, le reste étant absorbé par les filiales de distribution.
Peut-être qu'ainsi, les artistes ne produiraient plus d'albums destinés à enrichir leur maison de disque mais plutôt se consacreraient à exprimer leur émotions à travers de vrais créations artistiques.
Il va sans dire, en effet, qu'une telle situation provoquerai un renouveau de la créativité.
En ce qui concerne les pochettes, et autres paroles, plus largement le packaging, devriaent, je pense, demeurer des avantages réservés aux possesseurs de supports physiques, qui achèteraient alors un album, non pas pour la musique, qui serait gratuite, mais pour le plaisir de posséder un bel objet et de soutenir un artiste.
Le droit d'auteur, d'une manière générale, devrait être supprimé du monde de la musique.
La musique en elle-même, ni même les paroles, ne doivent être soumise à propriété intellectuelle.
De la même manière, tout artiste doit être libre de réutiliser du contenu existant pour créer une nouvelle oeuvre sans avoir à reverser de royalties à un ayant droit.
Nous devrions également pouvoir rechercher les paroles d'une chanson qu'on aime sur internet sans que qui que ce soit puisse entraver notre liberté d'accès à la culture.
En fait, autour de tout ça, le vrai débat est là.
Nous sommes en pleine crise de la culture. Notre cerveau gauche est de plus en plus nourri par une culture imposée par le matraquage publicitaire et la propagande gouvernementale dictée à nos dirigeants par les lobbies de la distribution.
Allons nous les laisser nous dicter la culture à la laquelle nous pouvons prétendre ? En ce qui me concerne, jamais.
Pour moi, la culture est un droit universel. Quelle que soit les loies qui sortent, je continuerai à télécharger, illégalement ou pas (car nous n'avons pas parlé de la musique libre, mais c'est un autre débat), pour découvrir des artistes. Je ne regarde de toute façon pas la télé et je ne m'intéresse pas çà leur purs produits commerciaux.
Rester dans le système en place c'est ouvrir une porte toujours plus grande pour les artistes opportunistes, éphémères, et sans profondeur artistique.
Bon il faut que je parte mais j'espère que ces quelques mots convaincrons certains d'entre vous qu'ils nous faut nous affranchir du pouvoir qu'exercent sur nous les grandes entreprises pour mieux nous contrôler, quitte à nous faire passer pour des délinquants, nous taxant de piraterie comme si nous attaquions des bateaux.
Logiciels libres, musique libre, même combat.
@+

Ulhume, le 15 janvier, 2010 - 22:21

Ce que tu dis est très intéressant mais tu oublies, je pense, un détail : la liberté justement. Celle de décider que ton oeuvre t'appartient ou pas.

Vu de ma paroisse, chacun produit son oeuvre, chacun dans son domaine, et chacun a la liberté d'en faire ce qui le chante. Lorsque j'écris un article ici, cela m'a chanté de le mettre en licence Creative Common. Mais le même moi, ailleurs, peut décider qu'il n'en a pas envi. Juste pas envie. Point barre. Et je ne vois pas de quel droit quelqu'un devrait décréter que ce choix n'est pas bon, que je ne dois absolument produire QUE du libre. Et je ne vois pas de quel droit, si je refuse, quelles que soient mes raisons, qu'un ensemble de personnes décide que j'ai tort, et viennent m'imposer de force leurs idées.

Une fois encore je suis absolument d'accord avec ta vision cible et je pense sincèrement que c'est la bonne voie et le meilleur moyen de remettre de la vie dans la création au sens large du terme. Mais aucune voie que l'on fait suivre de force à quelqu'un n'est bonne. Et personne n'a je pense le droit de décréter que la production d'autrui a un statut autre que celui qu'il lui a lui-même donné. Et je suis homogène, je trouve aussi choquant celui qui télécharger avec arrogance, (je télécharge aussi, mais j'ai conscience de ce que je fais réellement), que ces boîtes qui avec la même arrogance posent des brevets sur l'ADN.

Ces choses passent par la discussion, le dialogue, la persuasion et les arguments, pas par une voie "armée", qui dans le meilleur des cas n'arrive qu'à braquer ce que l'on aurait besoin de convaincre.

max-k, le 16 janvier, 2010 - 13:59

Je ne souhaitais pas passer ce message.
C'est vrai, je me suis un peu emballé en disant qu'il faudrait supprimer la propriété intellectuelle sur la musique. Ce terme était peut-être un peu fort.
Je ne souhaite rien imposer à personne (encore moins de force).

Simplement, la chose à retenir est qu'il est facile d'imaginer de nouveaux moyens pour les artistes de distribuer leurs œuvres de manière éthique et respectueuse de leur public.
Cependant, si nous continuons à encourager le système actuel, ces changements, bénéfiques pour les deux parties, n'interviendront probablement pas.

Alors on pourra me juger parce-que je télécharge impunément de la musique sur internet mais c'est ma manière à moi de dire non à ce système.

Ulhume, le 16 janvier, 2010 - 14:49

Si tu télécharges réellement pour refuser un système, je peux comprendre mais je ne suis pas d'accord. Aussi peu d'accord que je le suis avec les fauchages d'OGM même si je suis plus que contre ces saloperies. Pour moi l'impact en terme de prise de conscience est proche du nul, et cela reste une opposition de force. Mais je peux le comprendre.

Mais ce qu'il est intéressant de noter, c'est que des dizaines d'années d'action de Greenpeace n'ont jamais eu le même résultat qu'un Al Gore en une petite fraction de ce temps. Je ne sais pas ce que cela pourrait revetre comme forme sur le sujet qui nous intéresse mais je pense que c'est clairement la bonne approche.

PS: et je ne me place pas en sainte n'y touche. J'ai téléchargé un max pour la mauvaise raison que c'était à disposition.

Tuxicoman, le 16 janvier, 2010 - 12:54

L'état aimerait bien garder ses 19.6 % de taxe sur chaque achat de CD. Et les distributeur leurs 45% de recettes sur chaque vente physique, pas étonnant que le système de licence ne les enchante pas. Ceux là poussent même l'ironie très loin : http://tuxicoman.jesuislibre.net/2009/12/loccasion-des-oeuvres-intellect...

Ulhume, le 16 janvier, 2010 - 13:23

J'accroche pas trop sur ton concept. Evidemment revendre un livre ou un CD d'occasion n'implique pas de reversement au créateur d'origine puisque ce droit a été acquitté lors de l'acquisition d'origine, et que la loi dit que l'on ne peut pas recevoir deux fois le même paiement pour la même chose, c'est à dire ici le même bien (physique). Ce n'est pas transposable, en tout cas sans un petit peu de mauvaise foi, au fait d'avoir acheté un CD, de l'avoir rippé et redistribué sur un réseau où il sera téléchargé par des centaines de personnes. Ceci étant dit, rien n'empêche d'offrir ou de revendre ce CD à une chaîne de 100 personnes, mais une et une seul le possède à un moment donné.

Tu sais mon non plus je ne lui trouve pas de sens à cette histoire de licence du moins si elle est "globale" comme évoqué à l'époque de DADVSI, déjà que j'étais longtemps obligé de payer une redevance pour pouvoir avoir un téléviseur pour mater des films (vive les vidéoprojecteurs Wink. Car enfin, à jouer à ce jeu, c'est une longue chaîne que l'on embraye et pourquoi s'arrêter à la musique ? pourquoi pas le cinéma ? puis les livres, puis la nourriture, les vêtements, etc, etc, etc... Au final on obtiendrait un bien pratique un "gros forfait" qui ferait la taille du salaire de chacun. Du coup, étape suivante, autant prendre à la source, hein ? Je te laisse compléter le tableau, je pense que cela doit te rappeler quelque chose... Wink

Maintenant une licence "locale" pourquoi pas, ils y viendront, un peu comme les cartes de ciné illimitées.

max-k, le 15 janvier, 2010 - 18:29

Je voulais ajouter mon commentaire à la fin car il suivait la conversation, mais j'ai sans faire exprès cliqué sur répondre, tant pis.
Désolé.

Ulhume, le 15 janvier, 2010 - 22:24

Pas bien grave, dis moi juste où tu veux que je raccroche le post Smiling

Tenshu, le 15 janvier, 2010 - 21:04

La Culture doit devenir un bien collectif pour pouvoir en assurer l'accès pour tous.
Les citoyens doivent poursuivrent leur désobéissance pour sortir la Culture du marché.

L'offre légale n'a aucune légitimité à ce développer pour engrosser un modèle qui fait de la culture un luxe.
La seule offre sérieuse serait une plateforme nationale de distribution numérique qui ouvrirait le drot aux artistes a un Credit création de façon analogue au CNC.

Le bras de fer est mondial, et pour une fois nous sommes en train de l'emporter au mépris de leur lois clientelistes et socialement injustes.
Ensemble nous avons socialisé la Culture inscrivons ce principe dans les lois de notre pays.

Ulhume, le 15 janvier, 2010 - 22:26

Je ne veux en aucun cas t'offenser, mais à mon sens, ceci un combat de riche justement Wink Je pense que s'il y a de l'énergie à dépenser dans des bras de fers, se trouvent des sujets autrement plus impliquant pour l'avenir de l'humanité. Au fond si Zazi veut rester dans sa maison de disque, qu'elle y reste Wink Tongue

Tiens rien à voir évidement mais je viens de mater le reportage "le monde selon Mansanto", là il y un putain de combat à mener avec une issue qui fait réellement peur...

max-k, le 16 janvier, 2010 - 16:06

Je suis parfaitement d'accord avec toi.
J'entends plusieurs fois au cours des commentaires de ce post, commentaires qui ont d'ailleurs largement dépassé le sujet d'origine, que nous sommes entrain de parler d'un sujet annexe, qui n'a pas grande importance face à d'autres problématiques beaucoup plus graves.
C'est vrai mais ceci dit, je pense que nous touchons au cœur du problème.
Nous vivons dans un monde consumériste. Les gouvernements usent de stratagèmes de plus en plus assumés pour annihiler la culture et l'esprit critique en tentant d'y substituer des opinions prêtes à penser.
Pire, pour mieux nous contrôler, on nous donne une fausse idée de ce qui est bien ou mal.
Mais au fond qu'est-ce qui est le plus indécent, un amateur de musique qui télécharge gratuitement ne fournissant pas de rétribution à l'artiste et à sa filiale de distribution ou un patron de maison de disque qui gagne plusieurs dizaines de millions d'euros par an et qui s'expatrie à l'étranger pour éviter d'avoir à contribuer au bien être de sa communauté ?
Je pense qu'il est urgent que les gens se rendent compte que le roman 1984 est déjà une réalité, ce n'est pas futur dictatorial inquiétant mais bien notre quotidien.
Bien-sur, le roman était volontairement caricatural et il ne doit pas être pris au premier degré, mais c'est bien ce que nous vivons.
Pour que vous en ayez le cœur net, je vous propose une expérience simple.
Un matin, en allant au travail, lisez tous les journaux gratuits concernant une actualité précise. Attendez la pose café, et demandez à vos collègues leur opinion sur le sujet. Vous constaterez alors que même si tous ne sont pas d'accord, aucun, ou presque, ne va s'écarter de la thèse, ou de l'antithèse soutenue par les journalistes du matin.
Personne ne vous proposera d'opinion originale et à chaque fois que je le fais en situation réelle, je suis marginalisé.
Pourquoi ?
Parce-qu'aujourd'hui, il est mal venu de penser hors des sentiers battus. Ceux qu'y s'y risquent se heurtent immédiatement à une classification, par les médias, au mieux d'utopistes, au pire, de terroristes.
Le combat principal à mener est donc là : réhabiliter la liberté intellectuelle, bien plus importante que la propriété du même nom.
Cela passe par une remise en cause généralisée des idées qui nous sont transmises par les médias mais aussi de tous les systèmes qui ne nous semble pas respectueux de nos libertés fondamentales, l'accès à la culture étant un exemple tout à fait primordial selon moi.

Ulhume, le 16 janvier, 2010 - 21:53

J'avoue être moins humaniste que toi. Pour moi ce n'est pas une éducation à la "non-pensée" qui est en cause plus que pas d'éducation du tout. Et au fond l'esprit critique n'est qu'un des parents pauvres de cette non-éducation. On peut ainsi faire croire sans grand peine que c'est l'anticyclone qui est responsable de la pollution, pas les millions de bagnoles qui paradent dessous.

Il y a même des fois où je me dit que l'état dramatique de l'éducation en France arrange de ce point de vue plus qu'il ne dérange. Moins on éduque, moins ça pense, et moins ça pense, plus ça peut voter des petits noboléon d'opérette qui peut ainsi pratiquer le clientélisme à tour de bras, et se précipiter un samedi après midi à Auchan pour profiter de soldes factices alimentées par les cuisines chinoises.

Ceci étant dit, je pense que le roman qui résume le mieux notre situation actuelle serait plus "le meilleur des mondes" que 1984. Car dans 1984, l'état filtre toutes les informations, surveille tous les gestes, et supprime tous les opposants. Un modèle qui rappélerait plus la Chine, ce qui est logique au fond vu que 1984 est une satyre du communisme. Dans notre meilleur des mondes en revanche, il y a les Alpha++ d'un côté et les jumeaux Bokanowski de l'autre. Les premiers représentant l'élite, et les autres ceux qui, le sourire du soma aux lèvres, leur permet d'exister. Dans ce monde là, l'information n'est cachée à personne, rien n'est filtré, rien n'est omis car tout le monde est heureux de sa place. N'importe qui peut savoir en cherchant simplement sur google pourquoi et comment la guerre en Irak (la première) a débuté, et pourtant tu as encore et toujours une grande majorité de gens qui te répondront "parce que Sadam a envahi le Kowet".

Dab, le 16 janvier, 2010 - 01:35

Mais les choses peuvent elles durer ainsi ?
Le peuple ne prend il pas conscience des manipulations en oeuvre depuis disons ... tes premiers CD ? Moins de qualité non seulement dans le domaine sonore, mais aussi comme tu le souligne dans la diversité, quelle soit alimentaire, du bien être, du logement, de la santé, en fait dans a peu près tous les domaines oû il y a du fric à faire, peu importe les conséquences. Le "monde des pauvres", comme on nous appelle dans les milieux économiques, 'tain ça va saigner:), va-t-il accepter eternellement cet état de fait, cette indescence, que dis-je, ce cynisme. La politique médiatique à botte des monsanto, universalis et consoeurs, n'est plus crédible, détourner les attentions sur des problèmes qui n'en sont pas (aller au hasard ... identité nationale) suffiera elle à résorber cette colère qui monte ? Qu'on commence par supprimer les DRM et je commence à me calmer, promis Smiling

Ulhume, le 16 janvier, 2010 - 05:34

Oui effectivement, très énervé Smiling Mais si l'on faisait une liste à la Prévert des choses qui me gonflent au point de vouloir fort ventiler (au sens Audiard du terme) en ce moment c'est vrai que les DRM et les états d'âme de la guilde des saltimbanques (je suis assez d'accord avec Gainsbourg sur ce coup là, faut arrêter de parler de culture dés qu'une Zazi commence à geindre derrière un micro). Là j'en parle juste parce qu'au fond je trouve qu'il y a une belle tentative, pour dire cela gentiment, de parler de cette offre légale qui se développe comme si le fait de la télécharger rendait cette offre plus attrayante que celle consistant à moissonner ses galettes chez un disquaire.

Quant à savoir si ce "monde des pauvres" va accepter éternellement cet état de fait. Je suis bien triste de le dire mais il te l'a prouvé il y a 3 ans, et va je pense te le confirmer dans 2. La proportion sensibilisé à un seul membre de cette litanie de sujets préoccupant est infime (et je parle pas du Co2, là c'est devenu aussi chic qu'un iPhone). Va rajouter un peu du reste et ces acceptant vont vite de débouter d'un haussement d'épaule par "Ah bé oui hein, mais si on va dans ce sens, on ne vit plus"... En attendant le gouvernement, celui-là plus qu'un autre, continue à s'enfoncer dans le délire profond. Tiens, regarde ce que je viens de lire : http://www.criirad.org/mobilisation/5mai2009.html. C'est pas mignon ça ? Wink

Dab, le 16 janvier, 2010 - 13:56

Là on atteind des sommets, je n'avais absolument pas connaissance de cette plaisanterie, merci ... Mais ce n'est rien comparé à http://www.lefigaro.fr/vins/2009/03/11/05008-20090311ARTFIG00570-tolle-c... , après un combat acharné nous avons tout de même gagné : http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2375914&rubId=25692 .Comme quoi il ne faut pas despérer, après avoir traité les sujets importants, les médias s'attaqueront surement à ces détails ... si si j'y crois Wink

Ulhume, le 16 janvier, 2010 - 14:54

Bah concernant cette histoire, j'avais rien vu passé moi Smiling Très drôle le concept cependant, cela me rappelle mon passage en angleterre où j'avais découvert avec stupeur du vie en poudre (chez Boots) à faire dans son garage...

djib, le 16 janvier, 2010 - 23:35

Tu as quoi comme casque si c'est pas indiscret ?

Ulhume, le 16 janvier, 2010 - 23:40

Un phillips SHL9600, pourquoi ?

djib, le 16 janvier, 2010 - 23:44

OK, merci. C'est juste que mon casque actuel a rendu l'âme (il tient grâce à un grand renfort de Super Glue 3).

LKS360, le 17 janvier, 2010 - 14:07

Et pour revenir sur le sujet, le commentaire numéro 5 (le dernier à ce jour) par Curio du blog d'à coté est bien présenté, et moi aussi je pense qu'on peu parler d'arnaque.

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